Le gouvernement prépare, dans les semaines à venir, une nouvelle loi, qui viendra remplacer le texte de 2004, relatif à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes.
Consciente des dangers que représentent les catastrophes naturelles, notamment les séismes, l’Algérie a mis en place des stratégies et des mécanismes de riposte contenus dans la loi de décembre 2004 encadrée », explique le Premier ministre dans son discours d’ouverture du colloque international sur la prévention contre les tremblements de terre, sous le haut patronage du président de la République.
Aïmene Benabderrahmane annonce, à cette occasion, « La mise à jour la stratégie de prévention contre les risques majeurs, pour l’adapter aux exigences du cadre d’action de SENDAI pour la réduction des risques de catastrophes 2015-2030, ratifié par l’Algérie. »
« Cette stratégie sera appliquée dès la promulgation de la nouvelle loi, en remplacement de la loi de 2004, et la publication des textes d’applications, attendus dans les semaines à venir », assure le Premier ministre. Cette nouvelle loi, précise le Premier ministre, permettra, entre autres, de se conformer aux engagements internationaux de l’Algérie, notamment au sein du cadre SENDAI et de la COP-21, de déterminer les mécanismes de financement ou encore, d’élargir le réseau du CRAAG avant la fin de l’année en cours.
La nouvelle stratégie, poursuit Benabderrahmane repose sur le facteur humain, la conscience du citoyen, et met en place les mécanismes nécessaires à l’anticipation des risques à travers la gouvernance, un investissement ciblé et une nouvelle approche faisant appel aux concepts de gestion des risques et non des catastrophes.
Selon les chiffres présentés par le Premier ministre, les dépenses publiques destinées à faire face aux catastrophes en Algérie, notamment les inondations, les séismes et les feux de forêt ont dépassé une moyenne de 225 millions de dollars/ans durant les 15 dernières années.
Les pertes économiques estimées à plus de 5,5 milliards de dollars
Les pertes économiques causées par les séismes, les inondations et les feux de forêt ont dépassé 5,5 milliards de dollars, de 2004 à 2022. C’est ce qu’à indiqué le délégué national aux risques majeurs, Hamid Afra, lors des travaux de ce colloque. Le responsable a précisé que depuis 1950, les inondations sont plus fréquentes et représentent 61% des événements catastrophiques enregistrés durant cette période. Toutefois, les séismes sont les plus coûteux du point de vue économique, avec une perte de 10 milliards de dollars, selon M. Afra précisant que ces séismes ont touché une population de 1,4 million de personnes, avec près de6000 décès.
Le délégué national a souligné, par ailleurs, que « le vrai impact financier des catastrophes se détermine à l’aide d’études probabilistes qui peuvent estimer les pertes annuelles moyennes sur un horizon à long terme à plus de 1 milliard de dollars, ce qui représente 0,7 % du PIB ».
« L’Algérie est confronté à un large éventail de risque majeurs. Actuellement on est passé à 18 risques majeurs, avec l’introduction d’autres risques émergents, notamment les risques climatiques extrêmes, le risque cybernétique, le risque spatial, le risque d’acridiens et le risque biotechnologique », a-t-il relevé, ajoutant que le réchauffement climatique avait aggravé la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. Concernant le risque d’inondation, le même responsable a fait savoir que 865 zones inondables ont été recensées à travers le territoire national.
