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Madani Ameur, auteur et ancien journaliste à algerie62: « Tous les algériens espèrent servirent leurs pays »

Auteur d’un important livre qui traite des médias en général : « La crise des médias et les médias de crises » qui est également en cour de traduction dans deux langues française et anglaise, édition « MIM », Madani Ameur, ancien journaliste à l’ENTV, BBC, puis Abou Dhabi, Qatar TV, revient sur plusieurs questions d’actualités très importantes, qui sont liées essentiellement à l’impacte des médias sur le plan national et international. Mettant en revue les différents obstacles et autres difficultés rencontré dans le métier du journalisme de manière générale et l’apport de l’immigration qui reste très attentive à ce qui se passe dans le pays natal et les pays d’accueils, Madani Ameur souligne: « Ce n’est plus l’immigration de la première et de la deuxième génération, Mais, c’est une immigration spécifique et sélective. La France, l’Italie, l’Allemagne, le Canada et les Etats Unis, ne donnent pas de job, si vous n’arrivez pas à prouver que vous êtes vraiment aptes et porteurs d’un plus au développement. On ne fait pas de cadeaux pour des postes de travails », selon cet ancien vedette du JT de 20h00 du pays, qui déplore  » Nous n’avons pas quitté le pays, mais, nous avons étés forcé de la faire », dit-il. Optimiste quant à l’avenir du pays, malgré tout, Madani s’exprime dans un franc parler sans équivoque. 

  

Algerie62 : Vous êtes un des anciens journalistes de la télévision nationale qui a décidé de changer d’air, et ce, pour ne pas dire quitter le pays pour des raisons bien connues qui sont liées à la décennie noire au nom de la religion et qui a laissé des conséquences très graves et des séquelles sur tous les plans.

Madani Ameur : Non. Nous n’avons pas quitté le pays, mais, nous avons étés forcés de partir. Certainement. On a tous vécu l’époque dans lesquelles les circonstances qui ont étés imposées à beaucoup d’algériens de faire un choix politique. Ça veut dire soit à droite ou à gauche. Nous, nous avons voulu maintenir la voix et rester dans la voie professionnelle et faire notre boulot de journalistes comme il se doit. Mais, ça n’a pas été possible à le faire. Après, sans le vouloir, on s’est retrouvé dans un engrenage ou beaucoup de gens nous considère comme des ennemis. Cela nous a menés à des tentatives et assassinats des journalistes. Personnellement j’ai survécu à des tentatives d’assassinats. C’est pour cela que j’ai quitté le pays et je suis resté pendant 10 ans sans retourner en Algérie. Et puis, al hamdoullah « Dieu merci ndlr » sans oublier bien le pays et on a continué à travailler pour le pays même en étant à l’étranger. Là on vie, on ne s’est jamais considérés chez soi, mais toujours chez les autres. On pensait toujours à notre pays. On aime et on veut aussi que notre pays s’en servir de notre capital savoir et l’investir dans les médias, les nouvelles technologies et dans tous les secteurs confondus.  Le pays peut s’en servir et s’enrichir de son capital de savoir et de technicités acquises par les algériens qui ont vécus à l’étranger.  

Comme tous les autres secteurs qui souffrent de cette problématique. Ce sont des dizaines et des centaines de journalistes algériens qui sont partis pour différentes causes et raisons comme vous à savoir le terrorisme criminel de la décennie noire qui a commencé par l’assassinat de l’intelligentsia algérienne «Tahar Djaout. Journaliste écrivain. Première victime du terrorisme Islamiste. Mais, maintenant que le pays a retrouvé la paix et stabilité. Qu’est ce qui empêche les compétences d’y revenir au bercail pour servir le pays de près et de loin ?

Il faut savoir que les algériens qui sont partis, se sont intégrés dans des systèmes professionnelles qui leurs ont permet d’être dans des positions de managers et ils ont mis leurs capitale savoir au service des pays d’accueils. Les exigences des algériens telles qu’elles sont avant de revenir au pays, c’est de leurs faire confiance, leurs donner la chance, miser sur leurs compétences et d’attendre les résultats. C’est-à-dire ; si on ramène quelqu’un et on lui dicte ce qu’il va faire, cela veut dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge. Si on ramène quelqu’un, on doit attendre un produit qui va être différent des autres. Parce que, ce produit à des normes et des règles à respecter. Mais, si on ramène une compétence algérien et on lui impose ce qu’il doit faire, il ne pourra évoluer dans aucun milieu. Ni dans la médecine, ni dans l’administration ni dans les médias. Il faut faire confiance et lui donner sa chance. Il y a beaucoup d’algériens qui sont prêts à payer pour servir leurs pays.

Est-ce que l’on peut classer le départ des journalistes à l’étranger dans la catégorie de la fuite des cerveaux et de perte pour le pays ?   

Absolument. Quand on parle d’algériens qui travaillent et vivent à l’étranger, et je ne vous apprends rien, il y a presque 20 000 médecins en France, il y a 5000 médecins spécialistes au Canada. Quand je parle des Etats Unis, je donne l’exemple du Professeur Ilyes Zerhoun qui était directeur des instituts de médecines et de recherches médicales aux Etats Unis qu’il gère avec un budget de 30 milliards Dollars. Je donne l’exemple de Professeur Belkacem Hebba, Professeur Toumi, ce sont des professeurs de références à l’échelle mondiale. Pourquoi ne pas capitaliser tous leurs savoirs de ces Professeurs et compétences algériennes installées à l’étranger ?  Quand on parle de l’immigration algérienne à l’étranger, ce n’est plus la première et deuxième immigration de nos parents.  Maintenant, c’est une immigration spécifique et sélective.  Figurez-vous, que le français ou un Italien, L’allemand ou l’Américain,   ne vous donne pas un Job, si vous n’arrivez pas à prouver que vous êtes vraiment aptes et porteurs d’un plus. On ne fait pas de cadeaux pour des postes de travails. C’est pour cela que je vous dis que si les autres misent et capitalisent sur le travail pourquoi pas nous algériens ?. Tout algérien rêve et espère servir son pays un jour ou l’autre.

Donc, on est passé de l’immigration de la main d’œuvre vers l’immigration de la matière grise du pays. C’est plus grave encore pour le pays ?  

Absolument. Aujourd’hui, on vit dans un contexte que l’on appelle l’économie du savoir qui représente pratiquement 30% de l’économie mondiale.  L’Algérie avait ce capital prêt, prêt ok ?  Et je dirai encore une fois que l’Algérie pourrait éventuellement si elle va opter pour ça, elle a déjà un capital acquit et prêt. Tout ce qu’il faut, c’est de l’investir dans les secteurs vitaux et voire les résultats après.  Mais, si non faire appel à la technicité d’un français ou d’un américain, et je ne sais pas quoi, on doit faire appel à en premier lieu donner l’opportunité à un algérien.  C’est ce que l’on espère tous.

Vous qui êtes un des professionnel connus et reconnu dans le domaine des médias. Ces derniers temps, on parle beaucoup de la censure, de l’autocensure et encore la disparition des médias. Ou peut-on classer ce secteur. 5é pouvoir 4éme pouvoir ? Les Américain parlent de premier pouvoir.

Aujourd’hui, les médias exercent le premier pouvoir sur toute l’humanité. Deuxièmement, chacun de nous, moi et vous et des milliards d’individus consomment quotidiennement une moyenne de 2h13 mn de produits des médias de différentes catégories. Dans ce monde-là et dans des circonstances pareilles et dans un environnement pareil, comment pourrait-on penser et faire de la censure ? Deuxièmement, quand on fait confiance aux professionnels et on les laisse faire, ils vont finir par imposer leurs professionnalisme et acquérir le respect, l’admiration et la crédibilité. Ça veut dire, si l’on n’arrive pas à faire ça, le monde, les médias seront toujours bloqués, il n’y a aucun produit et il n’y a aucun impacte.  Il y a un dicton qui dit « Agir, influencer et avoir la réaction des gens ». Si on n’arrive pas à maitriser le sujet, on passe à côté de l’évolution médiatique.

Les médias aussi ont leurs parts de responsabilités qu’elles soient positives ou négatives dans toutes les crises aux niveaux mondiales ou locales.

Bien sûr. Les médias se posent d’abord sur l’action, acter, non pas la réaction. C’est-à-dire. Si on veut avoir une position, un rôle et un impact, une influence, Il faut agir.  Il faut sortir de la position de celui qui réagit à celui qui agit. C’est là où réside toute la différence.  

De nos temps. Secret de polichinelle. Les médias ont beaucoup changés. C’est surtout la 4G, la 5G qui avancent et font avancer les choses. Tout le monde s’accordent à dire et écrire que notre pays est très en retard dans le domaine des nouvelles technologies TIC.  

Les médias actuels c’est la 4G et la 5G. Mais, les guerres qui se trouvent dans les médias actuellement, c’est le contenu. C’est-à-dire, comment pouvoir produire et élaborer un contenu qui va se terminer par impacter et influencer. Mais, si tu veux restes toute une journée à parler, personne ne vous écoute. Mais, comme je l’ai dit avant, vous et moi en tant que journalistes, chacun de nous passe et consomme 2h13 mn. Mais seulement, on est très sélectif nous-même. S’il n’y a pas un produit qui nous attire vraiment, on ne le regarde pas.

Vous venez d’éditer un livre que vous intitulez « La crise des medias et les médias de crises ». Peut-on nous éclairer un peu mieux et plus sur son importance et contenu également ?

Pendant les crises, les médias jouent un très grand rôle.  Parce que, dans le temps les gens misent d’abord sur les différents types d’armements et tout.  Nous, les médias on peut aller au-delà des frontières et faire des dégâts colossaux. Ce que je voulais dire dans les médias des crises, c’est que, on ne doit pas qu’on devient victime dans les situations de crises. Là aussi, il faudra développer des techniques de communication avec un contenu qui va vraiment convaincre et changer. Je parle dans le livre aussi des « médias de crises et crises des médias ». Dans les crises des médias, je relate aussi les obstacles qui ne permettent pas aux journalistes et médias de faire le travail de référence et des autorités de régulations.

Tenant compte de leurs importances. Pensez-vous qu’il est temps de libérer les médias pour faire leur travail convenablement ?

Il n’est pas temps. On est très en retard. Je pense que l’Algérie possède un potentiel humain inestimable. Ils ont des capacités des techniciens et tout ce qui suit. Ce qui manque, c’est de libérer les volontés et libérer les gens à aller de l’avant dans un cadre très régulé et laisser les gens travailler.  Je pense que si l’Algérie osera à faire face à ce défi, on n’ira pas au-delà de deux ans pour que les médias algériens vont reprendre et jouer le rôle qui est le nôtre.

Vous faite partie des anciens journalistes de la télévision algérienne qui ont marqués l’intelligence et les consciences des dizaines de millions de téléspectateurs. Quel message voudriez-vous ou vouliez-vous transmettre à la nouvelle génération qui active dans ce noble métier ?

Il faut faire confiance en soi d’abord. Se cultiver et continuer à apprendre tous les jours. Il faut croire et faire confiance en soi. Il ne faudrait pas rester sur la ligne de départ, il faut oser et faire le premier pas vers l’arrivée.

Entretien réalisé par Amar CHEKAR

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