Entretien réalisé par Amar CHEKAR
Amie de l’Algérie depuis 1956 ou elle a connue l’Algérie en plein guerre pour l’indépendance nationale, Marvine Howe qui a couvert la révolution Algérienne dans les Aures en 1956, elle revient en 2019 pour la couverture de la révolution du sourire du peuple Algérien qui a bravé la peure depuis le 22 février 2019, pour la légitimité politique a bien voulu répondre à quelques questions de fond. Confiante et optimiste pour l’avenir du peuple algérien, cette dame de grand coeur a suscité l’une des plus grande admirations du peuple Algérien via les réseaux sociaux et rencontres directe qu’elle a eu durant son séjour en Algérie.
Infodalger: après deux semaines vécues à Alger, Quelle est votre impression sur cette révolte pacifique du peuple algérien ?
Marvine Howe: je suis très contente de voir que le peuple algérien est décidé de s’imposer de manière pacifique, afin d’arracher ses droits démocratiques. J’ai trouvé aussi que l’ambiance est familiale et très sympathique. J’espère que ça va continuer pour réussir sa démocratie, parce que le peuple algérien mérite la démocratie depuis toujours.
La révolution pacifique du peuple algérien se distingue par rapport à d’autres révolutions dans le monde. Tout le monde a compris que le peuple algérien, n’est pas violent, et ce, contrairement à ce que l’on pensait de lui dans le passé.
Je pense que le peuple algérien est uni pour changer le système. J’ai vu et j’ai rencontré des intellectuels, des citoyens, des ouvriers, des étudiants et de toutes les catégories des algériens et Algériennes tous unis et déterminé pour changer le système. Ils ont eu marre du passé et je pense qu’ils vont continuer leurs marches et luttes pacifiques jusqu’à ce qu’ils gagnent leur révolution du sourire.
Que pensez-vous justement de ces dizaines de citoyens qui sont en prison pour avoir brandi le drapeau de leur identité Amazighe ?
« Elle marque un temps de réflexion et de déception dans son visage… » Je ne comprends pas. Je trouve que c’est ridicule. C’est une tragédie… pourquoi on ne peut pas brandir le drapeau de son identité dans son propre pays ? Il y avait beaucoup de gens qui portaient le drapeau de leur identité et le drapeau algérien au même temps. Ça c’était joli et amusant. Pourquoi pas le drapeau Amazigh ? Je ne comprends pas. En prison pour avoir brandi le drapeau de son identité ? Non, non, Non.
Justement. Vous avez passé beaucoup de temps à rencontrer des représentants de partis politiques, du mouvement associatif, des intellectuelles, des étudiants et de toute catégorie de manière générale etc. Quelle conclusion avez-vous eue après ces temps ?
Je pense que chaque Algérien est un parti en lui-même. Les Algériens sont devenus très individualistes. C’est difficile de les unifier. J’espère qu’ils vont continuer à dialoguer pour s’unir au moins sur les grands principes dans l’intérêt du pays.
Peut-on dire que vous êtes privilégiée en réussissant à avoir un visa de 14 jours pour couvrir les évènements du hirak qui a commencé depuis le 22 février 2019 ?
C’est possible. Surtout que je travaille pour une revue qui n’est pas très connue. Mais, je sais qu’il y a un journaliste de New-York Times qui est venu à Algerpour la couverture de la marche du peuple algérien. Il a passé une semaine. Il est venu deux fois pendant durant le hirak. Le journal New York Times s’intéresse à la situation. Ma revue « Washington Report on Middle East Affairs NDLR », aussi s’intéresse à la situation et m’a demandé faire le travail sur la situation. Deux semaines c’est peu, mais je vais faire ce que peut.
Vous êtes sur un double travail sur l’Algérie. Il y a le travail journalistique et aussi un livre que vous avez commencé sur l’Algérie. Pourriez-vous nous en parler de ce livre sur l’Algérie, que vous avez connus depuis la guerre pour l’indépendance nationale ?
Je suis venue en Algérie au début de l’année 1956. Après en 1957. Après quelques visites que j’ai faites après la libération des otages américains. Je suis venu aussi pour faire des interviews avec des responsables du groupe Sonatrach à un certain moment. Maintenant depuis 2014, je viens presque chaque année pour voir la situation, voir les gens et parler sur la question des années de 1990 jusqu’à l’année 2000 que j’ai ratée. Je ne suis pas venu. J’avoue que j’avais peur d’oublier. J’ai pu parler avec beaucoup de femmes qui ont souffert et résisté. Mon livre ça va être sur la résistance algérienne depuis 1956 que j’ai connu jusqu’à aujourd’hui.
Vous avez aussi rencontré deux chefs historiques à savoir, feu Hocine Ait Ahmed Et M’hamed Yazid à New-York à l’époque de la guerre de l’indépendance nationale contre le colonialisme français
Je les ai connus à la fin de l’année 1955 quand le bonhomme m’a dit de venir en Algérie. Je suis allé aux Nations Unis, j’ai rencontré Hocine Ait Ahmed et M’hamed Yazid, porte-parole de la révolution pour l’internationalisation de la cause du peuple et la libération du peuple algérien du colonialisme. Après, quand je suis venue à Alger, j’ai connu des gens dans la mouvance centristes, comme Kiouane qui était la plus part du temps à Alger. La plupart des derniersleaders du FLN avaient déjà quitté Alger. Ils étaient au Caire ou au Maquis. C’était presque les derniers de l’OS qui sont du mouvement centriste qui sont allés en Egypte pendant que j’étais à Alger. Mais, après je suis parti dans les Aurès et la famille de feu Mustapha Ben Boulaid. Mustapha Ben Boulaid était déjà dans le maquis et après on a appris qu’il est tombé au champ d’honneur pour l’indépendance de l’Algérie.
Vous avez eu la chance de vivre et de couvrir deux révolutions algériennes en tant que journaliste américaine. La première c’est la guerre contre le colonialisme français, la deuxième révolution pacifique et celle de la légitimité politique après 57 ans de l’indépendance nationale. Quelle est la différence que vous avez sentie auprès du peuple Algérien qui continue de lutter pour la liberté, la légitimité politique et la justice ?
Je ne sais pas si c’est différent ou pas. En 1956, le peuple algérien était uni. Ils étaient tous derrière le parti FLN pour un même but. Aujourd’hui le peuple Algérien et opposé au FLN pour le même but.
Comment les Algériens justement, se sont rappelé de vous après plus de 50 ans et vous ont invité pour vous honorer au même temps ?
Je suis venue plusieurs fois pour voir mon amie Chafika. J’ai fait quelques reportages sur les femmes, un reportage sur Sonatrach. J’ai voulu avoir des informations sur mes amies que j’ai rencontrées en 1956, après ils m’ ont surpri par la médaille pour mon engagement aux côtés de la révolution algérienne.
Comment voyez-vous l’avenir de l’Algérie, après tout ce que vous avez vu, entendu et passé en Algérie ?
Je n’ai aucune prédiction. Mais au moins je pense qu’on a décidé de prendre notre destin entre nos mains. Et les Algériens vont faire quelque chose, c’est sûr.
Comment voyez-vous la liberté d’expression en Amérique. Ce qui est incomparable bien sûr entre les Etats Unis et l’Algérie. C’est quoi la liberté d’expression pour vous ?
On ne peut pas comparer. Les grands journaux sont les journaux de l’investigation. Ils sont dans l’opposition contre Donald Trump. Ils sont en train de faire une grande résistance contre Donald Trump. En Algérie, vous avez au moins le Journal El Watan qui fait une résistance au système. En Amérique, on peut dire ça, mais la télévision et presque tous les programmes sauf les programmes fox sont dans l’opposition. Mais, ici, en Algérie les télévisions appartiennent à l’Etat.
Un mot pour conclure ?
Bonne fête aux Algériens et les Algériennes.