L’Organisation des pays exportateurs de pétrole Opep et ses alliés non-Opep doivent « absolument » poursuivre leur coopération afin de maintenir la stabilité du marché pétrolier qui devrait souffrir d’un retour plus lent que prévu, des prix à leur niveau de 2019, a préconisé le ministre de l’énergie, Abdelmadjid Attar.APS.

« L’accord Opep+ mis en œuvre le 1er mai 2020, et son respect globalement, notamment par les plus gros producteurs que sont l’Arabie saoudite et la Russie, a permis aux prix de remonter autour de 40 dollars le baril pour le moment. Cette alliance est encore nécessaire et doit absolument se poursuivre si on veut éviter de rentrer dans une période d’absence totale de vision sur le court terme surtout », a indiqué M. Attar dans une interview accordée au quotidien francophone « Liberté », publiée dimanche. Selon lui, sans cette alliance Opep-non-Opep, « nous aurions eu affaire à un marché très instable et probablement en dessous du niveau actuel. La poursuite de cette alliance trouve toute son importance dans le contexte d’incertitudes autour de la crise sanitaire et la reprise de la demande, qui caractérisent le marché actuellement. »Pour le moment, il est vrai que le monde entier ne suit en premier qu’une éventuelle fin de pandémie, suivie d’une reprise de la demande mondiale. Mais ce n’est pas suffisant à mon avis, car d’autres paramètres qui découlent aussi du rythme et du mode de cette reprise vont certainement empêcher les prix de revenir rapidement au niveau connu en 2019 et probablement pas ou jamais à celui de 2013, explique-t-il.Ainsi, dans des conditions aussi incertaines, les prix du brut devrait atteindre une moyenne de 40 dollars le baril en 2020 et 50 à 60 dollars en 2021, selon le ministre qui se réfère sur ce sujet aux études des plus grands analystes.

Sortir de la rente pétrolière

Interrogé sur la capacité de l’Algérie à préserver ses équilibres financiers avec ce niveau de prix, M. Attar a souligné que le pays « peut et doit » survivre avec un baril à 60 dollars ou moins. « A mon avis, il ne faut plus se poser ce genre de question à l’avenir, et agir d’abord pour décider de ce que nous devons faire progressivement à court et moyen termes pour sortir de cette dépendance de la rente pétrolière », explique le ministre, tout en rappelant l’objectif fixé par le président de la République et qui vise la réduction de 20% de cette dépendance à court terme. Evoquant la nécessité de relancer la production déclinante d’hydrocarbures en Algérie, M. Attar a reconnu que « les plus grands gisements ont été malmenés depuis deux décennies par un soutirage accéléré, mais hélas non accompagné de mesures de conservation et de rénovation des techniques d’exploitation.

Rédaction/APS

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