La S’beiba, une fête ancestrale annuellement célébrée par la population de la wilaya de Djanet, constitue un rendez-vous sacré pour, au-delà de la perpétuation d’un rite séculaires, valoriser le patrimoine culturel du Tassili N’Ajjer et réaffirmer l’attachement à un legs traduisant la bravoure et l’appartenance à une identité communautaire ancrée dans l’histoire de la région.
Fidèle aux valeurs et cultures ancestrale de l’Algérie millénaire, la ville touristique par excellence Djanet, organise l’évènement du mois de Moharrem en relation avec le début de l’année hégirienne, avec une des facettes de son patrimoine ancestral, dont la fête culturelle locale de la S’beiba. Un rite jalousement préservé et ressuscité pour exprimer l’attachement à une période historique marquant la liesse populaire après le sauvetage du prophète Moussa de la poursuite du pharaon.
Coïncidant notamment avec la célébration de la fête religieuse de l’Achoura, 10ème jour du mois hégirien de Moharrem, la « S’beiba », confinée par la population locale à l’appellation Kili T’sibiya danse de l’épée, constitue un rite annuel aux diverses symboliques et dimensions spirituelles, visant à confédérer les ksour d’El-Mizane et Azelouaz.
Cette unification de deux anciens quartiers de Djanet, s’effectue dans une ambiance culturelle festive, rehaussée par des joutes poétiques rythmées de percussions de tambours, donnant libre cours à une chorégraphie et des danses ancestrales exécutées par des hommes des deux ksour, vêtus de leurs plus beaux costumes traditionnels Aghelay N Tikmessine.
La S’beiba ou la danse de l’épée, La S’beiba ou « la danse de l’épée », ayant au préalable fait l’objet de minutieux préparatifs appelés localement « Timoulaouine », se manifeste par la valorisation de la poésie du verbe joint à une danse exécutée par les participants et devant atteindre son apogée dans une scène de clôture dénommée Aghelay N Outay.
Celle-ci met aux prises, dans un combat hautement symbolique, les représentants guerriers des deux ksour et se soldant par un pacte de passage d’une année à une autre, scellant aussi le renouvellement d’appartenance communautaire et de préservation d’un rite religieux et culturel très ancien à la fois.
Cette fête, comme veut la tradition, constitue, bien plus qu’une facette de la culture locale, une force d’existence, de raffermissement de la cohésion sociale, d’appartenance et de préservation de la mémoire collective locale et de l’identité nationale.
Le coup d’envoi de la fête annuelle de la S’beiba s’est déroulé dimanche matin au niveau de la palmeraie de Djanet, dans une ambiance « singulière » et une « bonne organisation », en dépit d’une présence « relativement faible » du public, en raison de la forte chaleur, a indiqué Nacer Bekkar, commissaire du festival qui n’a pas manqué de a saluer la contribution des services de la commune et de la Protection civile dans la facilitation de l’organisation, mais aussi le rôle des médias dans la couverture des différentes étapes de cette manifestation culturelle.
D.T


