Opératrice trés active dans le développement du plan de la transformation numérique en Algérie. Participante à l’évenement annuel de la Foire International d’Alger FIA 2026 qui s’est tenu du 22 au 27 juin à la Safex, ainsi qu’à l’évenement annuel Viva Technology « VivaTech », qui s’est tenu quelques jours avant, soit du 17 au 20 juin à Paris Expo Porte de Versailles, qui célèbre son 10e anniversaire, et ce, rien pour montrer l’engagement pour le développement du numérique en Algérie,Mme Mounia Khouffache a bien voulut partager son expérience et savoir fair à cour ouvert.
Algérie62 : Mme Mounia Khouffache, vous venez de participer à l’évènement annuel international Viva Tech à Paris. Quelle est votre conclusion sur votre participation à cette dynamique de numérisation mondiale ?
Mounia Khouffache : Viva Tech 2026 à paris est marquée justement par la souveraineté numérique, mais aussi la robotisation. Aujourd’hui, on ne parle plus d’industrie numérique 2.0, mais, on parle d’industrie numérique 4.0. Et le robot ne vient pas avec la main magique, mais, elle vient pour accompagner l’homme dans la vie de sa gestion quotidienne dans sa souveraineté. Simplement dans son accompagnement basic que l’on peut espérer. L’Algérie à toute sa place. On était des fleurons de l’industrie électronique et électrotechnique, rien ne nous empêche aujourd’hui, d’avoir des Robots « Made In Algeria ». Pour ce faire, il faut avoir de la bonne volonté et la bonne synergie.
A62 : Vous activez dans le secteur numérique depuis plus de 20 ans en Algérie. Est-ce que vous avez atteint l’objectif depuis ?
Le monde du digital en Algérie connait un rebond considérable depuis l’avènement des nouvelles technologies accompagnée par la formation locale. L’Algérie a connu un gain qui ne peut malheureusement, s’en passer de cette révolution numérique. Aujourd’hui, on constate que les pouvoirs publics, ont mis en place certains mécanismes pour pouvoir accompagner cette transformation numérique par la formation, la mise en place d’un cadre réglementaire qui favorise l’investissement dans les services numériques et la technologie. Il y a énormément encore à faire. Il faut rester lucide et réaliste. Il y a encore beaucoup d’investissements à mettre en place et un accompagnement politique et la formation de nos ingénieurs.
Justement pour aller de l’avant, l’Etat a mis en place tout les moyens nécessaires au point de créer le Haut-commissariat à la Numérisation HCN, dirigé par Mme Meriem Benmouloud, rattaché directement à la Présidence de la République. Ces derniers temps, on parle du lancement de la 5G, alors que certains endroits y compris dans la capitale ne sont pas connectés. Certaines zones d’ombres du pays, sont «Out de toute connexion internet». Qu’est ce qui manque pour atteindre l’objectif de la souveraineté numérique à 99.99% ?
Le lancement de la 5G en Algérie est une évidence. On pense à ce que nous avons réalisé depuis plus de 20 ans. L’ensemble des opérateurs économiques à leurs têtes, le ministère et le gouvernement, ont mis en place les investissements nécessaires. Maintenant, il faut aller plus loin et plus vite. On parle de vitesse, on parle d’efficience et non pas d’efficacité. Et pour atteindre cette efficience, il faut impérativement prendre la décision et agir en un temps record pour faciliter l’accès à cette technologie, tout en garantissant les intrants de la protection et les investissements liés et reliés à cette technologie.
On doit impérativement avoir des partenaires internationaux. On ne peut parler de technologie, sans partenariat et sans transfert technologique internationaux. Nous ne sommes pas seul détenteurs de cette technologie et nous ne pouvons pas œuvrer seul pendant que le train est les wagons ont déjà atteint la grande vitesse. On doit impérativement faire parti du train qui atteint la grande vitesse.
La grande question qui revient chaque fois, c’est la problématique de la sécurité des données, des personnes, des biens et de l’entreprise de manière générale.
Je reviens au cadre législatif et réglementaire qui régit cette protection RGPD, relative à la protection des données. Nous avons la loi 18-07 qui est l’avènement de cette protection de nos données personnelles. Et je reviens aussi, que la souveraineté numérique passe par les infrastructures numériques locales, de Software local et nous avons les compétences pour se faire. On est sur le plus grand plan d’action jamais mené en Algérie, et puis je dirais depuis l’indépendance nationale. Les résultats sont assez satisfaisants, mais nous devons faire d’avantage pour sécuriser nos infrastructures numériques. Et pour se faire, nous devons aussi, passer par la formation et la souveraineté des ressources humaines. Aujourd’hui, il est indispensable de garder nos ingénieurs et compétences en Algérie.
En tant qu’opératrice économique privé. Qu’en est-il de l’évolution du partenariat public/privé « PP » qui a alimenté l’actualité nationale durant de longues années ?
Le partenariat public privé est timide. On peut mieux faire. Je pense qu’il y a de petits signes, de petites avancées, mais, sur le terrain, je pense qu’il impérativement de mettre un éventail un peu mieux et plus élargit pour aller de l’avant dans l’intérêt du développement du secteur numérique et de l’économie nationale.
Entretien réalisé par Amar CHEKAR

