Le politologue et universitaire français, Olivier Le Cour Grandmaison, a affirmé que la responsabilité de l’historien Benjamin Stora était complète par rapport à la dérobade historiquement et politiquement indigne de la France officielle qui exclut toute reconnaissance des crimes de guerre et contre l’humanité commis en Algérie durant la colonisation 1830-1962.
« Si la France et l’actuel président de la République Emmanuel Macron, excluent toute reconnaissance des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis au cours des 130 ans de colonisation de l’Algérie, c’est aussi parce que le rapport rendu par le conseiller-historien Benjamin Stora, tranche en ce sens, a indiqué M. Le Cour Grandmaison dans un entretien accordé mardi à l’APS. Il réagit à l’attitude de la France officielle qui a exclu toute forme de repentance ou d’excuses suite au rapport sur la colonisation, remis mercredi dernier par Benjamin Stora au président français. Pour M. Le Cour Grandmaison, de ce point de vue, la responsabilité de Stora est complète puisqu’il fournit ainsi à Emmanuel Macron, comme à tous ceux qui refusent de s’engager dans cette voie indispensable à la manifestation de la justice, de l’égalité et de la vérité, de nombreux arguments pour justifier une fois encore cette dérobade historiquement et politiquement indigne.Elle s’inscrit dans la continuité de la politique française en cette matière et le programme +commémoriel élaboré par Benjamin Stora ne change rien à l’affaire, a-t-il ajouté, relevant quelques modestes avancées bien faites pour tenter d’occulter la persistance de ce refus et donner du grain à moudre au président français qui sera bientôt en campagne électorale. Il a fait observer que « contrairement à de nombreux pays qui ont reconnu les crimes commis au cours de leur histoire coloniale, comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Belgique, notamment, sans oublier les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Canada qui ont, eux aussi, reconnu les torts insignes infligés aux populations autochtones, la France se signale donc par cette pusillanimité inacceptable pour les victimes comme pour leurs descendants, qu’ils soient Algériens ou Français.
Ferhath Fekrach


