La reconnaissance du président français, Emmanuel Macron, de la responsabilité de l’armée coloniale française dans la torture puis l’assassinat de l’avocat et dirigeant politique du nationaliste algérien, Ali Boumendjel, le 23 mars 1957, est une avancée et un bon geste, mais qui reste très insuffisant.
La reconnaissance après 64 ans de l’exécution d’Ali Boumendjel par l’armée coloniale française est en soi une avancée, mais qui reste en deçà des attentes et des espoirs des algériens, a estimé l’historien Mohammed Ould Si Kaddour El-Korso, dans une déclaration à l’APS. Sauf ce à quoi nous assistons, ce sont des avancées à petits pas et à l’arrachée. L’historien considère que la déclaration faite à Alger par le candidat Macron avait marqué positivement les esprits. « Nous espérions que le président Macron allait prendre à bras le corps cette question de reconnaissance. Pour Mohammed El-Korso, la France voulait, à travers la reconnaissance de l’assassinat de Ali Boumendjel, solder un problème interne à la République, car, ajoute l’historien, les Algériens n’ont jamais douté qu’il s’agissait là d’un assassinat commis, de mains de maitre, par un professionnel de la question, appelé à l’époque le commandant O, en l’occurrence le général Aussaresses. « Les assassinats, comme la torture, étaient codifiés, tout comme la corvée de bois et les exécutions, a-t-il affirmé.
Le peuple algérien attend plus de la France
Au delà de cette reconnaissance, qui prolonge celle de l’assassinat de Maurice Audin, le peuple algérien attend plus : des excuses claires, franches, sincères et des réparations, a dit l’universitaire, ajoutant que la République française ne pourra pas se dérober indéfiniment à son devoir de mémoire, un lourd passif à régler, pour lui éviter d’être soumise régulièrement à des stress et convulsions historiques. Par ailleurs, l’affranchissement de la France de son passé sanglant en Algérie, permettra, selon l’historien, de créer un climat de confiance qui profiteraient également à tous les pays du bassin méditerranéens, les pays du Maghreb, du Sahel et au-delà.
Mohamed Yalaoui/APS

