Le ministre d’Etat, recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, a coprésidé, vendredi, avec le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, la cérémonie de signature de l’accord portant création du programme « Chaire Emir Abdelkader » au Centre d’études islamiques d’Oxford, à Londres. La signature de cet accord intervient dans le cadre de la visite officielle qu’effectuent Cheikh Al Hoceini et Baddari au Royaume-Uni.
La cérémonie a étée effectuée sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Le recteur de Djamaâ El-Djazaïr a indiqué que « le lancement de cette Chaire s’inscrit dans la continuité de la longue histoire d’interaction entre l’Algérie et le Royaume-Uni, jalonnée au fil des siècles de multiples étapes politiques, scientifiques et culturelles, et qui, aujourd’hui, se renouvelle à travers des partenariats fondés sur le savoir, faisant de l’université et de la recherche scientifique un véritable pont de rapprochement entre les nations ».
Pour l’Algérie, la Chaire Emir Abdelkader constitue « un investissement dans l’avenir et dans la connaissance, ainsi qu’une vitrine du rayonnement civilisationnel de la nation algérienne », a-t-il souligné, ajoutant que « l’Algérie, soucieuse de renforcer sa présence culturelle et scientifique sur la scène internationale, voit dans de telles initiatives une concrétisation effective du partenariat fondé sur le savoir, le dialogue et la coopération entre les peuples ».
Mémoire collective algérienne
Il a, par là même, rappelé que dans la mémoire collective algérienne, l’Emir Abdelkader n’est pas qu’une simple figure historique, mais l’un des grands fondateurs de la pensée algérienne moderne et un des symboles autour desquels se sont structurées les notions d’Etat, de légitimité, d’unité et d’appartenance nationale, ajoutant qu’il était « confronté à une conjoncture historique particulièrement complexe, où il devait préserver l’identité d’une société menacée dans son existence tout en édifiant un système politique et administratif viable ».
En effet, « l’Emir Abdelkader ne s’est pas limité à mener la lutte et la résistance, il s’est également attelé à la construction des institutions de gouvernance, en structurant l’administration, les finances, la justice et les relations extérieures, tout en défendant une conception de l’Etat fondée sur l’idée d’une communauté nationale unifiée », a expliqué le recteur de Djamaâ El-Djazaïr, soulignant que « sa présence dans la mémoire collective algérienne demeure fondatrice, incarnant à la fois ce sens de l’Etat et les valeurs de lutte et de libération ».
C’est pourquoi, a-t-il dit, l’étude de l’Emir Abdelkader aujourd’hui ne saurait se limiter à la seule évocation d’un souvenir historique, mais doit « s’inscrire dans une réflexion sur un modèle intellectuel pouvant éclairer plusieurs questions contemporaines à l’échelle mondiale, comme la coexistence entre les religions et les cultures, l’éthique du pouvoir, le rapport entre identité et ouverture et la consolidation de la paix dans un monde de plus en plus fragmenté ».
Le choix de l’université d’Oxford
Il a, en outre, précisé que la portée du choix de l’Université d’Oxford pour accueillir cette Chaire « dépasse le seul cadre académique, car cette prestigieuse institution compte parmi les principaux pôles mondiaux du savoir et de la pensée », mettant en avant « le rôle joué par le Centre d’études islamiques d’Oxford dans le rapprochement des perspectives et le renforcement de la compréhension mutuelle entre le monde musulman et l’Occident ».
« Dès lors, la présence de l’Emir Abdelkader en ces lieux apparaît somme toute naturelle, dans la mesure où il incarne une personnalité qui a su s’adresser à son époque dans le langage des valeurs universelles et qui demeure, aujourd’hui encore, capable d’interpeller notre époque à travers ce même langage », a-t-il soutenu.
Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini a conclu son propos en exprimant « ses remerciements et sa profonde gratitude au président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, pour l’intérêt accordé à ce programme et pour son soutien au lancement de cette Chaire, convaincu de l’importance du renforcement du dialogue scientifique et culturel et de l’édification de passerelles de coopération entre les établissements académiques et scientifiques ».
Il a également exprimé « ses vifs remerciements et sa profonde gratitude à sa Majesté le roi Charles III pour le parrainage du Centre, témoignant de son soutien aux valeurs d’entente et de coopération entre les peuples et les cultures et de son engagement en faveur du développement de partenariats dans les domaines du savoir et de la recherche et au service des causes communes ».
A.S


