Le scandale du réseau de corruption au sein du Parlement européen impliquant directement le Makhzen du Maroc ne cesse de prendre de l’ampleur livrant chaque jour son étendue et ramifications.
Cette fois, c’est la société civile marocaine elle-même qui monte au créneau pour dénoncer l’espionnage et la persécution des citoyens marocains. En effet, ces derniers entendent se porter partie civile dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte en Belgique sur ledit réseau, rapportent, ce lundi, des médias français, citant Mme Khadija Ryadi, ex-présidente de l’Association marocaine des droits de l’Homme AMDH basée à Rabat.
Celle-ci affirme que toutes les victimes des droits humains au Maroc sont des victimes des eurodéputés corrompus. Et pour cause. Ces derniers se chargeraient de diffuser une fausse image du Maroc après de blanchir le pouvoir marocain et d’entraver de facto le travail des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc. La même source a fait savoir, le 23 février courant, que sept victimes marocaines, ou représentants de celles se trouvant actuellement en prison, viennent de se constituer en collectif dont l’objectif est de se porter partie civile dans le cadre de l’enquête en cours devant la justice belge. La liste des membres du collectif est appelée à s’allonger, notamment lorsque les prisonniers politiques prendront connaissance de l’initiative, soulignent des membres de l’AMDH.
En effet, les détenus souffrent en ce moment de l’isolement et leurs familles peuvent difficilement leur rendre visite. Fouad Abdelmoumni, membre de l’AMDH et ex-secrétaire général de Transparency Maroc, témoigne en tant qu’une des victimes en permanence harcelées par le régime, que tous les prisonniers politiques sont à l’isolement et leurs conditions de détention sont pires que celles qui prévalaient pendant les années de plomb.
Ce militant des droits humains a été en effet victime du logiciel espion Pegasus, comme les six autres membres du collectif, de même que de caméras installées, à son insu, dans ses espaces intimes et à l’origine de vidéos diffusées publiquement. Le collectif comprend également des journalistes connus pour leurs écrits hostiles au régime dont Souleimane Raissouni, détenu depuis près de trois ans.
L’éclatement, décembre dernier, du Marocgate est venu lever le voile sur les violations des droits humains au Maroc que les eurodéputés regardent désormais autrement. Pour rappel, le 19 janvier dernier, une résolution exigeant la liberté d’expression et des médias, la libération provisoire et immédiate des journalistes et le recours au logiciel Pegasus, a été votée à une majorité écrasante. Les eurodéputés à l’origine de ladite résolution se sont aussi dits profondément préoccupés par les allégations de corruption des députés par les autorités marocaines.
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