Alliant l’attachement aux valeurs ancestrales avec la culture civique et la qualité de l’environnement pour le développement de leur village, les habitants du Tizi N’Djeber, Cne Beni Djelil à quelques 50 km de Bejaia, sortent du lot. « L’idée de construire notre village à commencé depuis trois ans. Nous n’avons jamais pensée à participer à un concours quelconque. Tenant compte de l’évolution des travaux d’aménagements que nous avons commencé, nous avons été motivés également par l’imam du village que nous remercions et qui a travaillé au côté des citoyens pour améliorer la qualité de l’environnement. C’est à partir de là qu’on a eu le premier prix du concours du village le plus propre au mois de juillet de l’année en cours », a souligné Madjid Amenouch, président de l’association du village Tizi N’Djber.
Le montant du concours du village le plus propre est fixé à 5 000 000 DA. « Nous n’avons pas pensé à ça. Mais, puisque on nous récompensé par ce prix. Nous espérons que ce sera du concret pour faire encore d’autres projet de développement de notre village », souligne Madjid Amenouch, dans un état d’esprit sain et serein.
A l’entrée du village en venant de village voisin mille quatre «1004 » par rapport à son altitude, le visiteur se retrouve d’emblée ému en voyant l’éclairage qui commence sur plusieurs kilomètres avant d’arriver à Tizi N’Djber. Grâce à la volonté et les cotisations des villageois en plus des aides octroyés par des bénévoles natif du même village qui résident un peu partout en Algérie ou à l’étranger. Dégageant l’image d’un véritable musée à ciel ouvert, notre visite sur les lieux a été un des moments remarquables et inoubliables à la fois.
Nos villages sont tous des bibliothèques
Commençons par la bibliothèque du village Tizi N’djber. Ce que l’on ne retrouve pas souvent même dans des villes qui sont plus de moyens humains et matériel. La lecture qui réveille l’intelligence des enfants et illumine les esprits des générations futurs est une partie prenante de leurs préoccupations et pas seulement une passion à suivre. Passant à Thajemaath, ce lieu traditionnel qui était un lieu de rencontre des sages depuis des siècles de la vie Numide, Amazigh et kabyle en particulier, est équipée de chauffage, télévision et par tous les moyens essentiels des moyens qui permettent aux jeunes du village de se rencontrer, communiquer et échanger des idées autour de l’intérêt général et de toute l’actualité nationale ou internationale. C’est aussi, un des moyens d’animation par excellence pour éviter les fléaux sociaux qui gangrène les familles et les villages.
Baptisé dans une maison traditionnelle kabyle qui réunit tous les éléments à la préservation des liens familiaux, comme thaarichth, Adaynin, thachbaylith, Thasrafeth, Azetta, Eddouh « Le berceau » et plus est avec les noms et l’utilités, le musée du village tizi N’djeber, est un exemple à suivre ou l’on retrouve l’ensemble des objets traditionnelles qui date depuis des siècles.
Unité, Solidarité et Dignité humaine
Ce qui marque encore le mode de vie de ce village, c’est la solidarité collective ou le mot pauvre n’existe pas. « Au village, les gens sont très conscients du sens et de la valeur de la dignité humaine. On ne laisse jamais quelqu’un du village tomber dans la pauvreté. Dès que l’on apprend que quelqu’un est dans le besoin, c’est tout le monde qui se met de ses côtés pour l’aider tout en préservant le secret et la dignité humaine et citoyenne », a affirmé Madjid Amenouch qui réjouit d’un sens d’écoute, d’analyse et de communication à toute épreuve. Ce qui n’est pas donner à tous.
Très sensible également aux conditions de vie de la femme rurale, le village réserve espace dédié uniquement aux femmes du villages, ou elles se rencontrent, afin de communiquer entre elles, mais aussi, comme pilier de développement des enfants du village Tizi N’djeber.
Histoire et mémoire
Comme tous les villages qui ont souffert et combattu contre le colonialisme sauvage et barbares, ce village a donné des martyrs et des noms qui ont marqué l’histoire de la révolution algérienne. Le commandant si hmimi du village Aguemoune, Cne Beni Maouche, qui a assuré la sécurité du congrès de la Soummam le 20 août 1956 à Ouzellaguen au côté d’autres compagnons de la révolution algérienne, sous la responsabilité du Colonel Amirouche est monté au maquis à partir du village Tizi N’djber. Il a travaillé comme maçon avant de laisser ses outils dans une des maisons de ce village qui garde en lui l’image d’un révolutionnaire juste et engagé contre le colonialisme français de 132 ans, selon des témoignages. Chaque génération son temps et son combat pour le développement post indépendance.
Fidèles aux valeurs et culture ancestrale et universelle, ce village garde encore autant de traditions, contes du patrimoine identitaire national qui nécessitent leurs écritures et diffuser et à même les présenter à l’UNESCO, afin de faire valoir ce qui est noble et propre à la culture algérienne de manière générale.
Algérie62, ne manquera pas de remercier les membres de l’association du village et ses habitants qui nous ont réservé un accueil chaleureux mémorable et un accompagnement digne de son nom pour faire justement notre travail de journaliste, dont Kamel Boudoukh qui nous à faciliter le déplacement et le contact. Thanemirth à tous.
Reportage réalisé par Amar CHEKAR


