La 31e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques COP31, qui s’ouve lundi à Antalya, en Turquie, sera cruciale pour transformer les engagements climatiques mondiaux en actions concrètes, mais aussi pour une décarbonation opérationnelle et la transition vers des économies plus écologiques.
Les travaux débuteront au sein de l’Antalya Expo Center, avec la séance d’ouverture officielle, suivie du lancement immédiat des sessions techniques. Alors que la Turquie assure l’accueil et la présidence de l’événement 9-20 novembre, l’Australie, agissant en étroite concertation avec les Etats insulaires du Pacifique, pilote le volet technique des négociations.
Les 11 et 12 novembre se tiendra le Sommet mondial des dirigeants, réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement pour insuffler l’impulsion politique nécessaire aux négociations. Du 16 au 20 novembre, le segment ministériel de haut niveau ouvrira une seconde semaine décisive où les ministres de l’Environnement s’engageront directement pour débloquer les arbitrages finaux. L’électrification globale constitue l’axe sectoriel prioritaire de cette édition, matérialisé par l’initiative « 35 by 35 » qui ambitionne un basculement massif vers les mobilités et les infrastructures électriques d’ici 2035.
Les discussions porteront également sur la transition énergétique juste, à travers la définition de mécanismes financiers et techniques garantissant que l’abandon progressif des énergies fossiles ne freine pas le développement économique des nations les plus vulnérables.
Une attention particulière sera, en outre, accordée à la résilience des ressources vitales, avec le déploiement d’initiatives ciblées sur la sécurité alimentaire, la gestion de la rareté de l’eau, la décarbonation de l’industrie lourde et la préservation des écosystèmes océaniques.
A Antalya, les délégations devront impérativement transformer les engagements textuels antérieurs en feuilles de route exécutoires. Cela implique en premier lieu l’évaluation et la soumission formelle de la version 3.0 des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), qui fixent les trajectoires nationales de réduction des gaz à effet de serre pour la prochaine décennie.
Les débats s’annoncent par ailleurs complexes autour du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et de l’intégration des barrières tarifaires climatiques dans les règles du commerce multilatéral.
L’enjeu central de cette conférence réside dans la capacité des Etats à agir face aux avertissements scientifiques annonçant un dépassement temporaire du seuil critique de réchauffement de 1,5 degré.
Les discussions devront toutefois composer avec des contraintes géopolitiques majeures, à commencer par le financement climatique destiné aux pays du Sud, point de friction persistant concernant l’accès aux fonds d’adaptation et de compensation des pertes et dommages.
L’Algérie participe avec un « programme exceptionnel »
L’Algérie participera à la COP31 avec un « programme exceptionnel » destiné à mettre en lumière les vancées significatives accomplies dans l’édification de son cadre national d’action climatique, en parfaite adéquation avec ses engagements internationaux.
Récemment mis en relief par la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, lors d’un atelier national sur le financement climatique et les marchés du carbone, ce programme consacre l’intégration systématique de la dimension climatique dans les politiques publiques de développement.
Pour l’Algérie, qui a déposé la version actualisée de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN) auprès du secrétariat de la CCNUCC, l’action climatique est désormais appréhendée comme un levier de diversification économique et d’investissement productif conforme aux priorités nationales.
La stratégie nationale en la matière, qui sera présentée à Antalya, repose sur des piliers techniques et institutionnels majeurs, à commencer par le Plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNACC) à l’horizon 2035. Elaboré en coordination intersectorielle avec l’accompagnement des Nations unies, ce plan sert de document de référence pour le diagnostic des risques et l’application des mesures nécessaires.
Parallèlement, l’Algérie mise sur la consolidation de ses systèmes de mesure, de notification et de vérification (MRV), ainsi que sur l’amélioration du système national de surveillance et d’alerte, tout en renforçant son partenariat avec les instances onusiennes.
La COP31 sera également un cadre propice pour l’Algérie pour contribuer activement aux débats internationaux pour concevoir « une stratégie nationale intégrée », capable de définir les normes régissant les marchés du carbone selon une « approche participative », assurant un équilibre strict entre le développement économique national et la préservation écologique, a souligné Mme Krikou. Face à une transition climatique qui redéfinit les flux d’investissement et les modes de production mondiaux, l’Algérie entend ainsi réaffirmer à Antalya s a position en faveur d’une « gouvernance climatique internationale juste, solidaire et respectueuse des choix souverains de développement ».
F.F


