Plus de deux mois après les législatives, la formation d’un nouveau gouvernement en Tunisie peine à se concrétiser, les partis politiques siégeant au Parlement n’arrivant pas à s’entendre pour former une coalition autour du mouvement Ennahdha, retardant ainsi les réformes jugées indispensables par des analystes à la relance de l’économie en berne. Arrivé en tête des législatives du 6 octobre, le parti Ennahdha, qui a obtenu le plus grand nombre de sièges au Parlement, a désigné mi-octobre Habib Jemli pour diriger ce nouveau cabinet.Mais cet ancien secrétaire d’Etat 2011-2014 doit d’abord former une équipe susceptible de rassembler une majorité de députés. Un défi de taille alors que le mouvement Ennahdha ne dispose que de 52 des 127 sièges d’un Parlement morcelé entre des dizaines de formations, dont nombre ont exclu de travailler ensemble.Le premier délai d’un mois –renouvelable une fois– pour former un gouvernement expire ce dimanche, et M. Jemli a d’ores et déjà indiqué qu’il lui en faudrait un second. Il a mené de très larges consultations avec tous les partis, syndicats et personnalités nationales, mais les négociations patinent.M. Jemli a déclaré au terme d’un entretien, jeudi, au Palais de Carthage avec le président Kais Saied, avoir demandé au président de la République de prolonger le délai d’un mois, expirant dimanche, pour former le gouvernement. Il a expliqué, selon un communiqué publié par la présidence, qu’il avait besoin d’un délai supplémentaire, soulignant son souhait que le gouvernement soit formé au plus tôt pour le présenter au Parlement.
Réd/APS

