Réunissant plus de 60 exposants, la 5e édition du salon des professionnels du laboratoire, de l’imagerie médicale et du bloc opératoire ImLabOp, qui se tient du 21 au 24 octobre à la SAFEX, a mis en lumière un double enjeu crucial pour le développement du secteur de la santé en Algérie.
D’une part, les rencontres et les échanges entre les exposants et les experts du domaine convergent vers l’intérêt général, visant l’amélioration de la qualité des soins et de la prise en charge des patients. D’autre part, l’événement est aussi l’occasion d’interpeller les consciences et de pointer les responsabilités face aux pannes récurrentes des équipements médicaux, notamment l’échographie et l’IRM. Ces défaillances engendrent de lourdes conséquences sur la santé publique. Il suffit d’ailleurs de se rendre dans les hôpitaux pour constater la longueur des délais d’attente pour l’obtention d’un rendez-vous.
En raison des grandes lenteurs enregistrées dans les opérations de réparation et de maintenance — alors que la prise en charge des malades dépend directement de la fonctionnalité des laboratoires —, les opérateurs lancent un appel pressant aux pouvoirs publics.
Un cri d’alarme face aux lourdeurs administratives
Pour mieux comprendre la situation sur le terrain, Algérie62 a sollicité plusieurs exposants afin de revenir sur ces pannes récurrentes qui paralysent les établissements de santé. Sid Ali Belkacem, gérant de la société MMT, souligne : « D’abord, on doit relever qu’il y a un manque important de radiologues pour assurer le suivi et la maintenance des équipements. Il y a aussi la lenteur administrative liée au document de pré-importation (PPI), qui bloque l’importation du matériel médical, alors que ces produits ne sont pas fabriqués dans notre pays ». Il conclut sur un constat alarmant : « Notre entreprise n’a pas importé un seul équipement durant toute l’année, alors que la demande ne cesse d’augmenter en parallèle. »
Sur un autre registre, les opérateurs déplorent l’obligation de renouveler l’agrément chaque année, ainsi que l’absence de prise en charge concrète de leurs préoccupations et doléances. Plusieurs exposants n’ont pas manqué de rappeler le rôle crucial des médias : « Nous ne pouvons pas attirer seuls l’attention des pouvoirs publics pour y remédier. C’est le rôle des médias de servir d’intermédiaires directs entre la société et les responsables concernés, afin de les informer de la réalité du terrain. »
De son côté, le Dr Faouzi Benmachiche, gérant de la société Aurès Médicale, affirme avec force : « Le secteur de la santé relève de la souveraineté nationale. Il est impératif de faire la part des choses. On doit absolument simplifier et faciliter les procédures d’importation des équipements médicaux destinés à la prise en charge sanitaire des patients avant tout. »
Au fil des discussions, la révision et l’amélioration de la procédure du PPI sont apparues comme une nécessité absolue pour encourager la concurrence. L’objectif est de diversifier les choix en matière de qualité et de prix, afin de régir le marché dans un esprit de concurrence loyale et légale.
L’innovation au service des patients : l’échographe de poche
Dr Mehdi Benchenoufi,apporte un plus en Algérie

Heureusement, le salon est aussi le théâtre de l’innovation. Le Dr Mehdi Benchoufi, médecin et mathématicien franco-algérien ayant grandi en Algérie avant de s’installer en France, a introduit sur le marché national, il y a un an, une invention révolutionnaire destinée à l’échographie.
« Ce produit est un outil portable de poche, connecté à un smartphone. Il sert à traiter toutes les situations quotidiennes d’un praticien de la santé, qu’il soit hospitalier ou généraliste. Cela permet de détecter rapidement ce qui est grave ou non, d’identifier les zones touchées et d’avancer efficacement dans le diagnostic », explique-t-il avant de qualifier son produit de véritable révolution.
Le Dr Benchoufi ajoute : « C’est un outil majeur, comparable au stéthoscope médical, qui peut être utilisé par tous les médecins ainsi que par le personnel paramédical qualifié. Aujourd’hui, les impacts sanitaires sont énormes. » Déployé en Algérie depuis un an, le dispositif fait la fierté de son concepteur : « Nous sommes très heureux de contribuer à l’amélioration de la santé de la population algérienne. »
A.C


