Véritable coup de tonnerre. La projection du film de Bachir Derrais qui porte sur le parcours du chef du congrès de la Soummam qui a uni et réunit les algériens autour d’un seul objectif, combattre le colonialisme français de 132 ans et aprés7 ans de guerre politique et militaire sans relâche jusqu’à l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire. Malgré sa fatigue, le cinéaste et très populaire Bachir Derrais, a bien voulu nous accorder cet entretien pour mieux connaitre la vérité des choses sur un projet de film qui ne devrait en aucun être freiner ou bloquer. L’histoire rattrape tout.
ALGERIE62 : Votre film Larbi Ben M’hidi qui a fait une grande polémique durant plusieurs années à été finalement débloqué.
Bachir Derrais : C’est grâce à Madame la ministre de la culture. Le mérite lui revient. Je suis vraiment très reconnaissant. On a eu quatre ou cinq ministres de la culture depuis l’élection du président de la République Abdelmadjid Tebboune en 2019, ils n’ont rien fait. J’ai écrit à aux ministres, mais malheureusement, personne n’a bougé. Mais Mme Mouloudji a vraiment osé. Elle a été jusqu’au bout. On ne peut pas passer sans lui rendre hommage. Parceque, le film est dur. Ce n’est pas facile. Vous allez le voir. Il fallait quelqu’un de vraiment courageux pour le faire.
Quoique ce fameux film qui raconte le parcours humains et militants et Larbi Ben M’hidi a connu un engouement du public très important après ses deux premières projections.
Le film à fait couler beaucoup d’encre. En plus de la censure et tous les problèmes qu’on a eu. Donc, pratiquement, tous les algériens connaissent ce film. C’est normal que tous le monde veut le voire. En Algérie, dès qu’il y a un nouveau film qui sort, on a envie de le voir. C’est tout à fait normal. Un film tous les deux ans. Les gens ne ratent pas. C’est logique. A Annaba, il y a eu 5000 personnes qui n’ont pas réussit à avoir de places. Il a fallu l’intervention de la police pour mettre de l’ordre.
Après tous les obstacles et blocages, vous avez réussi à avoir gain de cause.
Je pense que c’est une affaire de règlement de compte contre ma personne, notamment Azzedine Mihoubi, ancien ministre de la culture. Aujourd’hui, tout le monde se rencontrent autour du film. Parceque, il n’y rien dedans ou de méchant dans le film. C’est une histoire, C’est vrai, ça peut paraître un peu choquant, Parceque les gens n’ont pas l’habitude de voire certaines vérités. Mais, finalement, je pense que c’est moi qui ai été visé, ce n’est pas le film.
Malgré tout, votre film a fait son chemin depuis quelques jours
Aujourd’hui, je trouve que c’est courageux d’autoriser ce film. D’ailleurs, les gens se demandent comme ce fait -il que le film ait été autorisé après tant de polémiques et d’obstacles. Le sujet est intéressant. Il y a certains aspects que les gens n’ont pas l’habitude d’entendre et voir sur images. Il y a des divergences idéologiques entres les uns et les autres. Les projets de sociétés sont différents et contradictoires durant la révolution. On n’a pas l’habitude de montrer cela sur image.
Vous avez parlé de rendement de compte. Comment se fait-il que l’on arrive jusqu’à bloquer un film sur l’histoire du pays et en particulier, le personnage rassembleur aussi important que celui du chef historique, Larbi Ben M’hidi. Président le congrès de la Soummam, le 20 août 1956 à Ifri qui rassemblé les algériens pour une unir les rangs et donner une nouvelle dynamique à la révolution algérienne. Pouvez-vous nous éclairer un peu mieux sur le sujet ?
Justement. Si on pense et on avait travaillé tous pour l’intérêt général et national on ne serait pas dans cette situation. L’Algérie serait mieux que l’Espagne, le Portugal, l’argentine ou le Mexique. Il y a très peu de gens qui pensent à l’intérêt général et national. Heureusement, c’est grâce à tous ces gens qui ont travaillés pour l’intérêt général et national que l’Algérie est restée debout. Il y a autrement dit, l’Algérie serait beaucoup mieux.
Qu’en est-il de l’audience et des résultats après ses deux projections à Alger et Annaba ?
Pour moi, la vraie projection, c’était à Annaba. Parceque, la projection de l’Opéra d’Alger était composée beaucoup plus des invités, des partenaires, des acteurs, les techniciens. C’est très difficile de faire le point. Mais, à Annaba, il y avait plus de 1400 personnes que je ne connaissais pas. Il y avait des étudiants des universités etc. Pour moi, le vrai début, c’est à Annaba.
Quand et Où peut-on voir le film Larbi Ben M’hidi après la projection de Annaba ?
Je ne sais pas pour le moment. On est entrain de recenser les salles de cinémas. En réalité, nous n’avons pas assez de salles de cinémas. Il y a peu de salles. On est en train de voir comment faire et recenser les salles à travers le pays pour voir le film au maximum possible. Je pense que ça sera après l’été.
Qu’en est-il de sa distribution et diffusion au niveau de la télévision nationale ?
Nous n’avons pas encore discuté de ce sujet avec la télévision nationale. C’est un film pour les salles de cinéma. Pour l’instant ce sera dans les salles de cinémas. Le film fera sa carrière cinématographique en Algérie et ailleurs. Après on va voir. S’agissant de la distribution, je dirai qu’il faut créer un marché tout simplement. Mais, le problème c’est qu’il n’y a pas de salles de cinémas.
Quelques choses à dire pour le public Bônois en particulier qui a vu le film et le public algérien de manière général qui reste impatient pour voir et découvrir ce fameux film qui a fait couler beaucoup d’encre ?
A Annaba, c’est une première projection. Il y a eu un très bon accueil. Franchement on a été agréablement surpris. Il n’y a pas eu de préjugés. Ce n’est pas du tout ce qu’on entend de temps à autres. L’Algérie, ce n’est pas Alger. Ce que l’on entend à Alger, ce n’est pas forcément ce que l’on entend à Annaba ou à Saida. C’était impeccable. Les débats se sont déroulés dans de très bonnes ambiances sans aucun problème. De toute façon, le film Larbi Ben M’hidi, sera projetés dans toutes les villes ou il y a des salles de cinémas qui disposent des moyens techniques pour sa projection. Je regrette encore une fois. Il n’y a pas beaucoup de salles d cinémas qui disposent des équipements nécessaires pour la bonne projection du film.
Entretien réalisé par Amar CHEKAR


