La justice espagnole a pointé le refus des autorités marocaines de coopérer avec elle dans l’affaire des tunnels utilisés pour introduire de la drogue en Espagne et celle de l’entrée de milliers de migrants illégaux dans l’enclave de Ceuta, en juillet dernier.
Les autorités marocaines « n’ont pas collaboré avec la Cour nationale espagnole depuis plus d’un an et demi dans l’enquête sur les deux tunnels creusés dans le but d’introduction de drogue en Espagne, découverts à la frontière avec Ceuta », assure le journal Vozpopuli dès les premières lignes de l’article mis en ligne samedi.
« C’est en février 2025 que la juge Maria Tardon, qui dirige aussi désormais la procédure sur l’invasion des migrants marocains de Ceuta survenue en juillet dernier, a demandé des informations au Maroc sur la première des galeries souterraines découvertes à la frontière du Tarajal (une région de Ceuta frontalière du Maroc). Elle l’a fait par une commission rogatoire restée sans réponse de la part des autorités du pays voisin, qui n’en ont pas non plus accusé réception, selon des sources de la Cour nationale. »
« Le Maroc n’a pas davantage collaboré à l’enquête sur le second tunnel du Tarajal. Le juge Antonio Pina, qui instruit l’affaire depuis le mois de mai dernier, n’a pas formellement demandé d’informations sur le passage souterrain aux autorités marocaines. Le magistrat avait connaissance de l’absence de soutien dans la procédure menée par sa collègue Maria Tardon », poursuit le texte.
Le Silence complice du Makhzen
« Le silence du Maroc dans les deux affaires est particulièrement préoccupant, notent les sources consultées, car de sa collaboration dépend la possibilité de connaître des détails essentiels sur la partie du tunnel située sur son territoire, à laquelle les autorités espagnoles n’ont pas accès », rappelle le média. Les sources de Vozpopuli estiment que ce manque de collaboration pourrait aussi avoir un impact négatif sur l’enquête liée à l’entrée de milliers de migrants à Ceuta, en juillet dernier.
Le journal cite les propos de la juge chargée des deux affaires, Maria Tardon et qui illustrent la mauvaise volonté des autorités marocaines. Elle estime, notamment en ce qui concerne l’affaire des migrants, que celle-ci n’était pas le fruit du hasard. Elle a dit percevoir un « processus dans lequel la finalité migratoire n’opère que comme couverture formelle servant à encourager, impulser et diriger un flux massif de personnes vers la frontière de Ceuta ».
De fait, « la magistrate a demandé l’identification des agents marocains repérés sur les plages adjacentes à la frontière du Tarajal dans la matinée du 30 juillet, qui menaient des actions de coordination opérationnelle sur le terrain », précise le journal. La juge Tardon met déjà le Maroc en cause en soulignant que l’entrée de milliers de migrants illégaux à Ceuta est le résultat d’une « gestion clairement et incontestablement favorable au processus depuis le territoire du Royaume du Maroc ». Elle évoque, à ce propos, « l’attitude des agents des forces de sécurité marocaines lorsque les migrants en situation irrégulière prenaient d’assaut la plage bordant la frontière du Tarajal ».
A.S


