Diviser un peuple en catégories, opposer une région à une autre, désigner des citoyens comme des « autres », des « suspects » ou des « ennemis intérieurs » en raison de leur origine géographique : voilà la mécanique exacte du fascisme et on sait ce que cette idéologie a coûté et coûte toujours à l’humanité.
Par Hicham El Hijazi
Alors que le pays est toujours sous le choc après l’effroyable drame qui a couté la vie à 11 enfants dans la nuit du 16 juillet, à Mohammedia (Alger), il se trouve des énergumènes avides de sang et haine qui transforme ce deuil en arme. Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du pays. Alors nommons bien ces choses : un hurluberlu très actif sur la fachosphère avec une page intitulée « Hakim Kenaan » ( ci-joint une capture d’écran de cette page) a craché son venin pour pointer du doigt une région, la Kabylie et les Kabyles, les accusant directement d’être les responsables de ce terrible accident. Il est des propos qui ne relèvent pas d’une opinion, mais de la haine à l’état pur.
Ce que nous observons aujourd’hui -des discours empreints de mépris et de stigmatisation visant une région entière de notre chère pays et ses habitants -n’est ni de la « liberté d’expression », ni un « débat politique ». C’est du racisme. C’est du fascisme. Et cela doit être nommé comme tel, sans détour et sans complaisance.
Diviser un peuple en catégories, opposer une région à une autre, désigner des citoyens comme des « autres », des « suspects » ou des « ennemis intérieurs » en raison de leur origine géographique : voilà la mécanique exacte du fascisme et on sait ce que cette idéologie a couté et coute toujours à l’humanité.
Ce n’est pas la première accusation de ce sinistre individu déverse son vomit sur la Kabylie et il semble y prendre du plaisir. Que disent ces propos sur la Kabylie ? Rien. En vérité, ces écrits ne sont que le reflet de cette personne. Cette rhétorique qui cherche à dresser les citoyens algériens les uns contre les autres, ces propos qui expriment une haine indicible nous renseigne en réalité sur cette entreprise de démolition du pays savamment orchestrée. Qu’attendent les services de sécurité pour aigre ?
Pas seulement mais chaque institution garante de l’unité nationale a le devoir de s’élever avec force contre ces relents de haine régionaliste et raciale Il ne s’agit de museler personne mais l’unité nationale est une ligne rouge. La tiédeur et l’indifférence face à de tels discours sont elles-mêmes une forme de complicité. La encore, il faut souligner que cela ne relève pas de la simple responsabilité des services de sécurité mais de tout citoyen algérien. Oui ! Il est de la responsabilité de chaque citoyen patriote jaloux de l’unité de son pays.
L’histoire nous a montré, ailleurs et en d’autres temps, où mènent ces logiques de division méthodique : à la fracture, à la violence, et parfois à des tragédies irréparables. Il s’agit donc de refuser catégoriquement et de dénoncer haut et fort la stigmatisation d’une population entière sur la base de son origine régionale.
« A mes frères, à l’Algérie entière, des montagnes du Djurdjura jusqu’aux fins fond du désert, montrons que nous aimons … », chantait le défunt poète Matoub Lounes, paix à son âme.
H.E


