L’édition du livre est devenue un militantisme. Chaque jour presque, on entend parler de la fermeture d’une librairie pour laisser place à l’ouverture d’une pizzéria qui engrange beaucoup plus de recettes, déplorent au moins une dizaine d’éditeurs que nous avons questionnés sur la situation du livre en Algérie.
Interrogé sur le sujet du prix du livre que l’on juge exorbitant, M Abdellah Cheghnane, directeur de la maison d’édition Dahlab qui figure parmi les toutes premières maisons d’éditions algérienne qui ont étés créées après les évènements du 5 octobre1988 et qui a édité 346 livres depuis 1994,inscrit dans le code ISBN, souligne « Que voulez-vous que je vous dis. Le prix du papier a doublé en plus d’autres charges que l’on doit assumer. La rame du papier qui coutait 450 DA et à 900 DA. Les gens pensent que nous gagnons beaucoup d’argents dans le livre, mais, c’est faux.», a indiqué M Cheghnane qui n’a pas manqué de rappeler également des centaines de livres en stock est qui constitue aussi une valeur importante qui ne sont pas vendus. M Cheghnane ajoute « Il faut aussi souligner la faiblesse de la politique du livre. « Les livres d’importations sont plus valorisés en Algérie que le livre algérien à l’étranger », « A titre d’exemple. Allez voir le salon international de Paris. Nous avons une communauté de 6 millions d’algériens en France qui veulent lire les ouvrages algériens en plus d’autres lecteurs Européens qui s’intéressent beaucoup à littérature algérienne et de l’Afrique du nord, surtout lorsque il s’agit de l’histoire. Ils ne trouvent pas les œuvres algériennes à l’étranger. Mais, le livre étranger est très présent en Algérie.»,
De son coté, Karim Chikh, directeur de la maison d’édition APIC, revient sur plusieurs points noires que vivent les maisons d’édition en Algérie. « Nous avons 58 wilayas. Donc, on peut dire aussi que nous avons 58 directions de la culture. Malheureusement, nous n’avons qu’une moyenne de 40 à 50 librairies au niveau nationale. Alger capitale pourtant, les libraires ferment et nous n’avons que quelques une dans toute la capitale» a déploré Karim Chikh. L’état doit réagir pour sauver le livre. Le livre à un double impacte sur la société aussi bien termes économique et lecture. « Un peuple qui ne lis pas, ne peut pas aller de l’avant sur tous les plans. Parce que, tout passe par la culture et la lecture de manière générale » a affirmé Karim Chikh revient sur la nécessité de multiplier les salons régionaux à longueurs d’années au lieu d’attendre le salon annuel SILA pour venir de Tamanrasset et d’Adrar pour l’achat d’un libre à Alger.
Répondant à la question des syndicats du livre, qui sont sensés jouer leurs rôles en tant que tel, pour au moins éclaircir les situations et d’avoir des statiques réel sur le fonctionnement et les perspectives des maisons d’éditions Algérienne qui ont un grand rôle et responsabilité, vis-à-vis des auteurs et les lecteurs, M Chikh nous oriente vers les deux syndicats notamment le SNEL, et ONEL.
Pertinent est fin connaisseur de l’évolution du monde du libre en Algérie et dans plusieurs pays arab, Mostefa Kallab Debbih, général manager de la maison d’édition El Houda, qui a traversé pratiquement, toutes les étables du monde du livre, à commencer par le métier du libraire, éditeur puis distributeur, lance « Nous devons développer des salons du livres et non pas des foires du livre pour vendre seulement. On doit encourager la traduction du livre dans toutes les langues autant que possible pour s’ouvrir sur le monde. Connaitre et parler le français, l’anglais, et autres langue est un plus pour apprendre et savoir ce qui se passe dans le monde. Le livre est une force économique et littéraire. C’est la raison pour laquelle, l’Etat doit prendre en charge livre en tant que valeurs ajoutée pour le développement du pays, et non pas un simple objet de consommation.» a indiqué Mostefa Kallab qui n’a pas manqué d’insister longuement sur l’importance des rencontres entre les auteurs, les lecteurs et les éditeurs du livre. « On doit encourager et motiver les acteurs du livres quitte à subventionner les espaces de ventes pour y remédier à la question de cette défaillance e termes d’édition et distribution pour rapprocher le livre des lecteurs.
Répondant à la question de la différence entre le livre numérique et le livre papier, le patron de la maison d’édition El Houda souligne ; «Les deux supports sont très importants. Il faut savoir que le livre papier et plus protégé que le livre numérique qui fait souvent objet de piratage PDF etc.», s’exprimant sur la question de l’organisation du SILA 2023, notre interlocuteur évoque l’obligation de dire la vérité. « Il faut reconnaitre qu’il y a des gens qui donnent le meilleurs d’eux même pour avancer. Comme il est bon aussi de savoir que dans le monde entier, on ne connait pas de salon de 10 jours. Le maximum c’est 3 ou 4 jours pour un salon du livre qui se respecte. Il faut faire la différence entre ce qui est salon et foire du livre », a-t-il indiqué.
A.C


